Communique du 6 Aout 2025
NON A LA VÉLO-ROUTE
La municipalité ALIOT après avoir pendant cinq ans fait le mort sur le dossier, organise en plein mois d’août, une concertation pour convertir les berges de la Basse en vélo route et en déambulatoire.
Le dossier mis à la consultation est particulièrement mensonger.
Il fait croire qu’il y a une nécessité d’un besoin de verdure et de naturalité pour la population et propose de faire disparaître le seul qui subsiste au centre de la ville !
Six portes d’entrée, certaines avec des escaliers, sont prévues pour faire descendre piétons et vélos et mettre un terme à cette naturalité et surtout à la seule tranquillité qui existe encore pour de nombreux oiseaux de passage..
C’est aussi, avec la décision de ne pas faire d’étude d’impact, un véritable déni sur l’histoire de la ville et sa perception par les nombreux visiteurs – qui bien souvent ne retiennent que cet axe paysager, véritable carte postale de la ville.
Évidemment c’est un nouveau coup mortel à l’esthétique de Perpignan qui subit en permanence la destruction de ses espaces verts et une minéralisation à outrance, comme viennent encore de le prouver les abattages d’arbres avenue des Baléares, la suppression express des palmiers de la place Arago et l’incroyable dallage du Pont d’en Vestit avec plus de 100 poteaux anti-stationnement. Sans doute une recherche de naturalité.
Ce projet électoraliste de l’ancienne municipalité est recyclé sans doute pour vider les caisses en fin de mandat et trouver une autre réalisation que celle ridicule du minigolf récemment enroché au Parc Bir-Hakeim. Alors que la population suffoque dans les îlots de chaleur du centre-ville, il y aurait mieux à faire pour créer de l’ombrage et atténuer les effets du réchauffement urbain. En particulier en plantant des arbres comme par exemple le long de la piste des rives de la Têt, ravagée par des aménagements lourds.
Les berges enherbées de la Basse doivent restées un espace apaisé et apaisant, hors de la présence humaine prédatrice (qu’on le veuille ou non). Les berges de la Basse sont actuellement très bien comme ça. Il ne faut surtout pas y toucher et au contraire permettre aux jardiniers municipaux de poursuivre leur mise en valeur parfaitement maîtrisée à ce jour.
Du grand blabla pour de gros dégâts
En italique les citations du cahier n°1 de présentation du dossier sur le site de la préfecture
La Basse s’affirme comme l’une des caractéristiques du paysage perpignanais, en offrant une coulée verte naturelle participant au socle de la trame verte de la ville). Elle permet de manière centrale d’articuler Perpignan autour d’un espace naturel aménagé s’affirmant en tant que liaisons vertes qui permet de connecter un ensemble de quartiers et de donner de la cohérence au paysage.
La coulée verte est si bien mise en valeur que la municipalité s’est arrangée pour que le projet soit dispensé d’étude d’impact.
Pour rappel, l’objectif général du projet est de concevoir, dans un cadre naturel préservé, une liaison douce (piétons, vélos et tous modes actifs) de première importance, permettant de relier les quartiers Ouest au cœur de ville. Cette liaison (partie d’une connexion interurbaine maritime) d’environ 1.6km doit être bidirectionnelle. Le linéaire comporte 13 ouvrages dont la traversée doit être travaillée, certains laissant peu de hauteur ou parfois en eau.
Les berges de la Basse ne sont pas celles de la Seine à Paris ou du Canal du Midi à Toulouse. Prétendre faire cohabiter sur quelques m2 les vélos, les piétons et assurément les patinettes surdopées n’est pas sérieux et il est à prévoir quelques baignades forcées dans le canal. Quant au cadre préservé avec ses 13 ouvrages sur quelques centaines de mètres, ses poubelles et son éclairage, c’est un mensonge grossier.
L’objectif est de dépasser le simple usage recherché (mobilité douce entre deux secteurs de la ville) pour permettre d’entretenir une relation émotionnelle avec le site traversé, dans son épaisseur. Pour ce faire, le parti d’aménagement se nourrir de l’appréhension du « segment nature de la Basse » dans un contexte urbain global au service d’une dimension « grand projet de ville » En effet, ce dernier participe à l’affirmation d’un maillage d’espaces public s Perpignanais qui exprime « le principe même de la vie en société » et assure une lisibilité d’ensemble essentielle à la découverte et au fonctionnement d’une ville.
L’émotion du piéton perpignanais c’est surtout de sortir vivant du trafic automobile alors que les trottoirs sont systématiquement supprimés, alors que les passages protégés ne lui laissent que 5 à 6 secondes pour traverser les boulevards (Pyrénées, Catalogne, Wilson) et encore doit-il le faire en deux temps. Quant au maillage d’espaces publics, il s’agit de dalles absolument sinistres, où il est impossible de se reposer (les bancs de Perpignan ont été enlevés) et de trouver la moindre ombre. De la dalle et fontaine Arago, transformée en parking (c’était provisoire mais il y a 20 ans que ça dure), du faux jardin Terrus où les derniers grands arbres ont été abattus et la dernière chaise enlevée à la Place de Catalogne transformée en parvis pour accueillir en grande pompe la FNAC (qui depuis a déménagé) le piéton perpignanais ne s’attarde pas et n’y trouve aucune sociabilité – tout au contraire.
Ainsi, le projet urbain travaillé prend forme autour d’un parc urbain pratiqué affirmant une nouvelle naturalité dans l’espace public Perpignanais.
Du rêve pur ! Le projet est surtout travaillé pour les marchés des entreprises et le calendrier des travaux par tranche est parfait pour satisfaire quelques appétits de fin de mandat.
Déplacements doux, idées confuses, projet absurde
Il apparaît porteur auprès de l’opinion publique d’inclure dans les discours électoraux et parfois dans les documents d’urbanisme un petit couplet sur les déplacements doux.
Faut-il y voir une hiérarchie dans les normes de déplacements ? Faut-il y voir une préférence ou même une obligation pour tel ou tel mode ? Cela reste flou et même ambigüe sans une explication par les porteurs de projets.
A Perpignan, avec un centre ville de dimension modeste, les déplacements doux devraient faciliter le déplacement le plus doux possible – c’est-à-dire la marche à pieds. Or à Perpignan le piéton est véritablement brutalisé par le trafic automobile et son stationnement. Des rues piétonnes peu nombreuses, des rues faussement piétonnes avec suppression des trottoirs, des passages protégés conçus pour traverser en courant. A cela s’ajoute une forêt de piquets, de panneaux publicitaires, de terrasses qui rendent le déplacement impossible aux malvoyants ou personnes à mobilité réduite.
Le déplacement doux annoncé sur les berges de la Basse devrait à la fois permettre une traversée rapide à vélo du centre ville « pour des personnes travaillant à St Charles » et une réappropriation des berges par les Perpignanais « comme parc urbain ». Le tout pour vélo, piéton et « mode actif » et apparemment dans les deux sens de circulation sur une chaussée parfois réduite à 3,45 m.
Actuellement la cohabitation en ville des vélos, notamment électriques, des patinettes très rapides et des piétons devient conflictuelle et la création d’une voie mélangeant tout cela est dangereux sinon absurde.
Environnement et patrimoine sacrifiés
La décision de dispenser le projet d’étude d’impact est le fait du Prince. Ce prince c’est le préfet de région d’Occitanie et c’est maintenant une habitude pour lui de dispenser les projets en Catalogne du Nord de toute appréciation environnementale (voir en ce sens la dispense pour le Circuit VTT olympique de Font-Romeu alors que l’étude d’impact était nécessaire selon le tribunal administratif de Montpellier).
Le préfet de région prétend que « les impacts potentiels sur l’environnement et la santé humaine ne devraient pas être significatifs ». Pour le développement du vélo tout peut être sacrifié surtout si on ne mène aucune enquête !
Non seulement La Basse permet à de nombreux oiseaux, notamment de passage comme récemment des aigrettes, de souffler lorsque la météo contrarie leur migration mais constitue aussi pour la population une source de plaisir contemplatif liée à la tranquillité des lieux.
Les berges de La Basse sont une signature esthétique de la ville.
Avec les destructions incroyables du patrimoine perpignanais avec la création de dalles le long de La Basse et de la Têt qui ont vu un enlaidissement des places de Catalogne, Arago, du Castillet, on a compris que la municipalité n’avait aucune sensibilité patrimoniale et que l’architecte des bâtiments de France et le Ministère de la Culture en sont complices, comme l’a prouvé la condamnation par la justice administrative de l’aménagement de la Place Arago, devenue cantine.
Aujourd’hui alors que la ville suffoque de la canicule la municipalité ALIOT propose de gaspiller 1,5 million d’euros dans un projet absurde et destructeur. La FRENE propose que cet argent soit immédiatement utilisé pour rafraîchir les quartiers du centre ville avec suppression des dallages mortifères, plantations d’arbres de hautes tiges, couvertures végétales et maintien des 15 000 m2 d’herbe des berges de La Basse.
Perpignan, le 6 août 2025
Le Président de la FRENE 66
Marc MAILLET